Le Plasticarium : à Bruxelles, le plastique c’est fantastique

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Chez Ce Que Pensent Les Hommes, on aime découvrir des potentiels cachés, voire rétablir des vérités. Parmi celles-ci, l’une des plus couramment énoncées est que le plastique serait une matière vulgaire, loin d’être noble. Malheureusement, l’image déplorable de la matière, de son impact sur l’environnement notamment, a joué contre elle. Alors que, disons le tout net, le seul coupable, quand nous voyons, par exemple, une bouteille d’eau minérale portée par le vent, sur une plage, est le consommateur. Bref, nous savions qu’il y avait anguille sous roche, et c’est fort de ce doute que nous sommes partis découvrir l’une des expositions les plus originales du moment : Le Plasticarium, à l’Art & Design Atomium Museum (ADAM), à Bruxelles, en Belgique.

Alors certes, il faudra vous rendre dans la capitale du pays de la bande dessinée, mais à l’heure du Thalys plus personne n’a d’excuse. Venons-en aux faits, l’arrivée non loin de l’imposant Atomium. Nous accédons à l’exposition par un escalier étonnant, signé Jean Nouvel, structurellement intéressant et amusant à décoder. Le lieu, l’ADAM, est un bâtiment qui paie peu de mine de l’extérieur, même s’il en impose par sa taille. C’est dans les 1500 mètres carrés réservés aux expositions temporaires que Le Plasticarium a ouvert ses valises, originellement toutes des propriétés de Philipe Decelle, mais depuis peu rachetées par la ville de Bruxelles. Et que trouve-t-on dans ces valises ? C’est ce que nous allons découvrir.

Le tracé du Plasticarium n’est pas du genre à prendre le visiteur par la main. Intentionnellement, l’exposition débute même par les pièces les plus arides, du moins en apparence. Les chaises « Universale » Joe Colombo, mises en vente par Kartell en 1967, ouvrent le bal, pour mieux introduire les invités en ces lieux. Entièrement faite de plastique ABS, la grande qualité de cette chaise importantissime est d’être fonctionnelle comme jamais jusqu’alors, notamment en étant empilable, et très facilement manœuvrable. Une pièce maîtresse, dont les différents coloris lui ont permis de marquer durablement les « Swinging Sixties ».

Après cette entrée en matière pas très sexy d’apparence, mais fondamentalement d’un intérêt capital, Le Plasticarium met le paquet. Pour tout vous dire, même si nous étions très curieux de la proposition faite par cette exposition, faire découvrir le plastique sous un angle artistique, nous n’avions pas vu venir un tel coup de cœur. Le tracé s’avère fourni en découvertes et pièces maîtresses. Avant d’en citer quelques unes, quelques mots sur l’impression qu’il s’en dégage. On se rend très vite compte de la différence, entre la production des années 2000, et celle qui s’étale dans le Plasticarium. Colorés, tous en arrondis, on a un sentiment de joie de vivre très fort, prégnant, et vivifiant. L’une des grandes réussites de l’exposition se trouve là : elle permet de se rendre compte du chemin parcouru, et il n’est pas vraiment en notre faveur…

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Le Plasticarium est l’occasion de découvrir des objets du quotidien, mais au design insolite. On nage en pleine époque sixties, alors que l’imaginaire était fort, et surtout laissé à des artistes habités d’une véritable vision. En cela, la grande vitrine qui habite une bonne partie du Plasticarium est sans aucun doute ce qui nous a le plus intéressé, même si d’autres espaces peuvent paraître plus importants. Mais rien que pour découvrir la 2001 Stereo (rien à voir avec le chef-d’oeuvre de Kubrick), ou encore le très étonnant « Toot A Loop », signé Marco Zanini, une sorte de radio portative qui pouvait s’accomoder à votre poignet, et devenir un bracelet musical quelque peu imposant. L’imagination, le toupet, comme cette époque des Sixties était fraîche et pleine d’espoirs.

Chaise à contours humains (« Homme », de Ruth Francken), immense canapé en forme de pied (« Pied Géant », Nicola L.), et même le fameux Bureau PDG de Georges Pompidou en personne (oui, la pièce d’origine, sur laquelle le Président de la République officiait), vous allez découvrir de quoi joliment remplir votre esprit. Attention cependant, car si l’ensemble déborde de passion, le public doit être prévenu : il s’agit aussi d’une exposition d’art pointue. N’hésitez pas à vous procurer le très beau livre, qui vous servira de guide, mais aussi de souvenir. Sachez, enfin, que le Plasticarium, ce n’est pas moins de 2000 pièces exposées, dont de nombreuses ont été prêté (et récupérées depuis) à certaines collections des plus prestigieuses : Beaubourg, ou encore la Tate Modern de Londres.

Au final, on a adoré découvrir le Plasticarium, et même si tout est fait pour l’éviter, on ne peut s’empêcher de quitter les lieux avec une certaine nostalgie. Il suffit de reprendre contact avec le monde extérieur, et jeter un œil sur la tristesse des couleurs, le manque criant de grandes idées au sein objets les plus insignifiants, pour prendre conscience de l’importance d’une exposition comme le Plasticarium. Alors, si vous vous faîtes un trip Belge à l’occasion, n’hésitez pas à faire un petit détour par l’Atomium et, à ses côté, l’ADAM. Vous ne serez pas déçus…

Pour visiter le site du Plasticarium : http://www.plasticarium.be/home-museum-fr.html.

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